C’est le genre de retour qui ne fait pas grand bruit, mais qui laisse une empreinte. Avec « River », premier extrait de l’album The Quiet Year (qui est sorti il y a quelques jours, belle claque), Suzzallo, le nouveau projet de Rocky Votolato, signe une perle rare, entre tension retenue et envolées cathartiques.
Suzzallo balance « River », un bijou de rock intense et mélodique
On connaissait Rocky Votolato pour ses disques folk marqués par l’introspection, la douceur en clair-obscur, les blessures mises à nu. Avec Suzzallo, il rebranche les guitares, reforme une vraie formation (avec Steve Bonnell à la basse et Rudy Gajadhar à la batterie), et nous produit un putain de rock 90’s qui pue la classe à deux cent kilomètres. Et franchement ? Ça fait un bien fou.
« River », c’est du rock indé comme on n’en fait plus assez : des guitares saturées mais maîtrisées, une voix qui gronde sans jamais hurler, et ce sens mélodique intact. Pas d’esbroufe, juste du son et de la sueur. On pense à Pedro The Lion, à certains titres de Death Cab For Cutie — et ça tombe bien, Ben Gibbard participe à l’album.
Produit par John Goodmanson (Unwound, Sleater-Kinney), le titre capture un équilibre subtil entre puissance et fragilité. Il y a cette rivière, métaphore classique , mais ici elle ne berce pas : elle emporte, elle nettoie, elle noie les regrets mais surtout elle te fait bouger la tête.