The Gummy Soul Show (Mixtape for Radio) : quand Nashville rejoue les 70’s sans complexe

L’histoire commence sur les ondes de WRVU, une radio universitaire de Nashville aujourd’hui disparue elle aussi (ça sent le thème). Amerigo Gazaway et Wally Clark y animaient une émission hebdomadaire consacrée à la soul des années 60-70. Quand la station a mis la clé sous la porte, plutôt que de laisser mourir le projet, les deux compères ont transformé leur passion d’antenne en label. Logique, non ? Et depuis, Gummy Soul a enchaîné les mixtapes qui ont fait sa réputation : Fela Soul (le mashup improbable entre Fela Kuti et De La Soul), Bizarre Tribe (Pharcyde x A Tribe Called Quest, téléchargé plus de 30 000 fois en deux semaines à sa sortie, excusez du peu).

Avec The Gummy Soul Show (Mixtape for Radio), Gazaway et sa bande revenaient à leurs premières amours : le format radio, celui qui a tout lancé. Un patchwork qui piochait large : de la soul classique des Sylvers ou de Johnny Taylor, du funk plus confidentiel signé Bobby Byrd ou Jon Lucien, une pincée de hip-hop contemporain avec Skyzoo et Action Bronson, et même une incursion du côté de la musique latino avec Los Angeles Negros. Le tout cousu ensemble sans qu’on sente jamais les coutures.

Ce qui frappait, c’était la générosité du geste : trois morceaux inédits ou rares de Kurtis Stanley (dont un « Silly Me » en exclusivité), une reprise décalée de « Eleanor Rigby » par Rare Earth, et cette manière très Gummy Soul de faire dialoguer les décennies sans jamais tomber dans le name-dropping gratuit.

Sauf qu’aujourd’hui, impossible de remettre la main dessus. Comme beaucoup de mixtapes DIY de cette époque bénie du MP3 gratuit et des liens Mediafire qui traînent, celle-ci a fini par disparaître des radars — hébergeur mort, lien cassé, page effacée. Un petit bout d’histoire de la culture remix qui s’évapore, comme ça, sans prévenir. C’est aussi ça, l’internet musical : une bibliothèque à moitié détruite qu’on ne visite qu’en se fiant à sa mémoire et à quelques traces qui traînent encore dans des coins improbables du web.

Verdict : 4 mojitos sur 5, à consommer désormais uniquement par le souvenir. Il en manque un demi pour cette disparition pure et simple, qui nous prive d’un vrai bon moment d’écoute.

Pour d’autres pépites du genre (encore disponibles, celles-là),  le dernier épisode de Des Chips et des Leffes ou le mix ci-dessous

 

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