These New Puritans sort A Season in Hell : élégie gothique et lumière pâle

Ils n’étaient pas morts, juste tapis dans un coin de nuit. These New Puritans ressort de l’ombre avec A Season in Hell, et ça te serre doucement la gorge. Le titre vient d’Arthur Rimbaud, mais pas besoin de sortir ton Lagarde & Michard (c’est un manuel scolaire de littérature française, les vieux savent) pour sentir que ça sent l’enfer raffiné, la douleur élégante, les abîmes bien rangés.

These New Puritans entre ombre et lumière

C’est beau, c’est grave, mais ce n’est pas écrasant. Les nappes de synthé sont là comme des draps humides, la voix te parle d’un autre monde, mais sans hurler. Il y a du calme, presque de la tendresse dans ce morceau — une tendresse froide.

Et puis, dans cette noirceur bien habillée, surgit la lumière. Pas un soleil, non, juste une chandelle. Ça suffit à éclairer un visage, une idée, un souvenir.

These New Puritans fait du These New Puritans, mais avec une distance nouvelle, comme s’ils avaient fait la paix avec le chaos. C’est sombre, mais ça respire.

À écouter seul, sous la pluie, ou à deux, en silence. Ah oui et pour ceux qui se posent la question, une élégie c’est un poème lyrique exprimant une plainte douloureuse, des sentiments mélancoliques. Tu vois quand ton collègue Julien se plaint de revenir de vacances pendant 20 minutes et bien c’est une élégie (enfin si la plainte est belle).

Ah et encore pour info. C’est extrait de leur prochain album Crooked Wing, prévu pour le 23 mai.

À propos de « A Season In Hell », Jack Barnett confie : « Le morceau fait appel à deux orgues, deux sopranos et deux cents percussions. En l’écrivant, j’avais constamment en tête des images de machines immenses et inhumaines – d’énormes chaînes, des poulies, des engrenages grinçants, du fer en fusion. De gigantesques machines forant jusqu’au centre de la Terre. Et, de temps en temps, une petite silhouette humaine, à peine perceptible au milieu de tout cela. Puis j’ai vu les gravures des prisons imaginaires de Piranèse, datant du XVIIIᵉ siècle, et c’était exactement ce que j’avais en tête. Si nous pouvions le ressusciter, peut-être aurions-nous pu le convaincre de réaliser la pochette de l’album. »

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