Tom Vek – « Aroused » : Le retour du prince de l’indie-dance londonienne

Tom Vek

Six ans. Il aura fallu six pures années d’attente, de spéculations et d’inquiétude pour que Tom Vek daigne enfin donner une suite à We Have Sound (2005). Pour beaucoup, le mec était devenu un fantôme, une légende urbaine du post-punk revival du milieu des années 2000.

Mais en ce mois de juin 2011, l’Anglais coupe court au mystère avec la sortie de son second LP, Leisure Seizure, et balance en pièce maîtresse le morceau « Aroused ». Alors, retour gagnant ou pétard mouillé de trentenaire en manque d’inspiration ? On a posé nos casques dessus.

Un groove anguleux et une basse chirurgicale

Dès les premières secondes de « Aroused », le doute s’évapore : Tom Vek n’a rien perdu de sa superbe et surtout, il n’a rien changé à sa méthode de travail d’artisan obsessionnel. Enregistré en solitaire dans son studio de Palmers Green au nord de Londres, le titre tourne autour d’une mécanique d’une efficacité redoutable.

La recette reste fidèle à ce qui avait fait l’ADN du premier opus, mais avec une production nettement plus affûtée :

  • Une ligne de basse lourde et synthétique qui prend directement aux tripes.

  • Une batterie martiale, presque mécanique, à la frontière entre le post-punk sec et la dance-music minimale.

  • Cette voix traînante et désabusée, signature absolue de Vek, qui scande ses textes comme s’il récitait un constat d’accident avec une nonchalance britannique parfaite.

Contrairement à la vague indie-pop actuelle qui a tendance à sur-produire et à noyer le son sous des couches d’effets lisses, Tom Vek garde cette âpreté brute. C’est tendu, c’est urbain, c’est taillé pour les sous-sols moites des clubs alternatifs.

« Aroused » : Morceau fort ou redite de 2005 ?

Certains critiques grincheux reprocheront à Vek de faire du surplace et de rejouer la carte de 2005. C’est passer à côté de l’évolution discrète mais réelle du bonhomme.

Là où We Have Sound sonnait comme une maquette géniale enregistrée dans un garage avec du matos de bric-à-brac, « Aroused » bénéficie d’un mixage bien plus percutant. La montée en tension au milieu du morceau montre un contrôle de la dynamique que peu de producteurs indépendants possèdent aujourd’hui. Le morceau ne cherche pas le refrain pop facile à chanter en festival ; il installe un groove hypnotique qui refuse la facilité.

C’est précisément cette intransigeance qui fait de Tom Vek un artiste authentique. Il ne court pas après la mode fluo de la nu-rave ni après les sonorités commerciales. Il fait du Tom Vek, point.

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