Non, internet n’est pas seulement une antichambre de l’enfer, un endroit pour harceler et critiquer les gens et écouter des titres des Enfoirés en boucle, il y a aussi des trucs bien, genre le Trashtag challenge.
Le principe est simple : on prend en photo un espace naturel dégueulasse, jonché de détritus, on retrousse ses manches, on le nettoie, et on repost la photo « après » à côté de celle d' »avant ». Basique, efficace, et ça ne demande ni budget ni comité Théodule.
Le truc n’est même pas neuf : dès 2015, la marque d’équipement outdoor UCO Gear utilisait déjà le hashtag pour inciter les randonneurs à rapporter leurs déchets. Mais c’est en mars 2019 que ça explose vraiment, quand un certain Byron Román, agent de crédit immobilier en Arizona, repost sur Facebook une photo avant/après venue du Guatemala en lançant un défi aux « ados qui s’ennuient ». Le post cartonne, des centaines de milliers de partages, et le mouvement traverse les continents en quelques jours : Népal, Inde, Chili, Russie, Everest, fonds marins, il n’y a plus un coin de planète épargné par des bataillons de bénévoles armés de sacs-poubelle.
Et aussi étonnant que ça puisse paraître — puisque je vous le rappelle, les gens et surtout les jeunes sont des drogués des réseaux sociaux, accros à l’alcool et au cannabis, incapables de prendre la moindre décision pour le bien public — et bien ça a pris, et les initiatives fleurissent un peu partout dans le monde, des plages thaïlandaises aux fossés de bord de route du Poitou.


