Le plus cool des outsiders de la scène indie européenne, Bulgarian Cartrader, revient en pleine forme avec Telecaster Warrior, un single lo-fi étincelant qui sent bon le cuir frotté à la rêverie shoegaze. Une sortie à la fois élégante et bancale, comme un vieux cabriolet qui ronronne en descendant Broadway, accompagnée de l’annonce d’une tournée UK & EU et du lancement de son label Uncomfortable Chair Records (tout un programme).
Bulgarian Cartrader balance une lo/fi classe avec « Telecaster Warrior »
Ce deuxième extrait d’un album encore non annoncé explore une nouvelle direction sonore : textures éthérées façon shoegaze, groove lancinant à combustion lente, et guitares cradingues qui mordent doucement l’oreille. Le chant, lui, oscille entre affectation charmante et émotion brute, comme si un Smashing Pumpkins de l’est de l’Europe s’était mis à la poésie urbaine après une nuit blanche.
Bulgarian Cartrader décrit son morceau comme « un bélier de chanson », une entité compulsive et lumineuse, en route vers la Grosse Pomme avec la fougue d’un rêve américain rejoué depuis Sofia. L’imaginaire ricain est ici passé au filtre de l’ironie douce et de l’identité décalée : “Je suis Bulgare, je viens d’un monde totalement différent, mais j’adore les mélanges. Et si un Bulgare allait en Amérique pour vendre du Coca aux Américains ?”
Entre fantasme Springsteenien, bricolage sonore assumé et storytelling transcontinental, Telecaster Warrior s’écoute comme on feuilleterait un vieux fanzine trouvé dans une station-service désaffectée : avec le sourire, le cœur un peu serré, et l’envie d’y croire à nouveau.
À écouter fort, en fixant l’horizon.