En 2011, le web musical ne jurait que par les anglais de Does It Offend You, Yeah?. Si tu traînais sur mon blog à cette époque, tu as sûrement vu passer le clip de « The Wrestler », balancé à la va-vite entre deux bières tièdes. Quinze ans plus tard, alors que le fluo est heureusement retourné au placard, il est temps de se repencher sur ce gros parpaing sonore qui résume à lui seul la fin d’une époque.
L’ère Electro-Clash et Nu-Rave : Quand le rock a fusionné avec les stroboscopes
Pour les plus jeunes ou ceux qui ont des trous de mémoire causés par les acouphènes, Does It Offend You, Yeah? (DIOYY pour les intimes) c’était la bande-son parfaite des années 2008-2011. Un mélange hautement inflammable de synthétiseurs analogiques poussés à l’agonie, de lignes de basse punk et d’une énergie digne des Prodigy et LCD Soundsystem.
Après le succès de leur premier album, le groupe revient en 2011 avec Don’t Say We Didn’t Warn You. Un disque plus sombre, plus lourd, et qui annonçait sans le savoir la fin de la récré pour la scène dance-punk mondiale.
« The Wrestler » : Une droite au menton qui n’a pas pris une ride
Si certains morceaux de la Nu-Rave ont aujourd’hui le goût d’un vieux chewing-gum collé sous une table de pub, « The Wrestler » tient encore sacrément bien la route. Pourquoi ? Parce que c’est un morceau brut de décoffrage.
Pas de chichis pop ici : une batterie martelée, des synthés saturés qui grattent les tympans et un refrain hurlé qui donne envie de monter un mosh pit dans son salon. C’est lourd, c’est agressif, et c’est d’une efficacité redoutable. Le groupe y injecte une urgence punk qui manque cruellement à l’electro grand public d’aujourd’hui.
Le visuel du clip colle parfaitement au titre. On y suit un catcheur (le légendaire British Bulldog Jr.) dans l’envers du décor : la sueur, la douleur, la solitude des vestiaires et la violence des rings de seconde zone. C’est crasseux, c’est filmé au plus près des corps, et ça colle parfaitement à la dynamique ultra-physique du morceau. Pas d’effets spéciaux numériques foireux de 2011, juste du vrai grain et de la testostérone, ce qui permet au clip de super bien vieillir.
Le groupe a splitté un an plus tard, en 2012, laissant derrière lui une poignée d’hymnes de clubs complets. « The Wrestler » était leur chant du cygne, une dernière démonstration de force avant l’extinction des feux de la rave.



