Le 24 janvier 2005, un truc magique est tombé du ciel, directement dans les platines des hipsters, des geeks de la musique et de tous ceux qui pensaient que punk et dance étaient deux univers irréconciliables. Ce truc ? Le premier album éponyme de LCD Soundsystem, un bijou qui fête aujourd’hui ses 20 ans, et qui, spoiler, n’a pas pris une ride. James Murphy, ce génie nous balançait une bombe à fragmentation sonore, et personne n’était prêt. C’est l’album que j’écoutais en boucle quand j’étais dans ma coloc à la fac, avec Mika, Ben et Julien. C’est un album un peu madeleine de proust pour moi. Parlons-en un peu, donc.
Quand le nerd devient rockstar
James Murphy n’était pas destiné à devenir une icône. Avant d’être le boss du label DFA et de créer LCD Soundsystem, il était ce qu’il appelait lui-même un « loser » un peu aigri, un nerd de studio frustré par ses échecs. Mais c’est justement ça, son superpouvoir. À 35 ans, alors que d’autres commencent à baisser la tête, lui décide de plonger dans le grand bain. Et le pire ? Il a raison. Il mixe ses frustrations, ses influences et sa maîtrise technique pour donner naissance à un son unique : une collision de krautrock, de disco-punk et d’ironie mordante.
Petite anecdote pour briller en soirée de quarantenaire : le tube Losing My Edge, qui a marqué les débuts du groupe en 2002, est né d’une soirée où Murphy, complètement défoncé, a eu une épiphanie sur le fait de vieillir et de perdre sa pertinence musicale. Spoiler : il était à côté de la plaque. Ce titre est devenu l’hymne d’une génération de mélomanes toujours inquiets de rater la nouvelle tendance.
Une tracklist qui claque comme une porte d’usine
L’album s’ouvre sur Daft Punk Is Playing at My House, une espèce d’hymne absurde et génial. Non, Daft Punk n’a jamais joué chez James Murphy, mais l’idée de transformer un fantasme en un groove aussi brut qu’électrique, c’est du pur génie. C’est funky, sale et ça te donne envie de repeindre ton salon en dansant.
Et que dire de Tribulations ou de Movement ? Des titres qui donnent envie de secouer la tête comme si tu étais dans un club new-yorkais moite, où la bière coûte trop cher mais où l’énergie est palpable. Ou encore Yeah (Crass Version), un morceau qui répète « yeah » pendant 9 minutes, et pourtant, tu ne veux jamais que ça s’arrête.
Ah, et Great Release pour conclure. Ce titre pourrait être une ballade spatiale si Brian Eno et Bowie s’étaient pointés en studio avec quelques synthés et une bouteille de whisky.
Un album qui a vieilli comme un bon vin bio
Ce qui frappe en réécoutant cet album, c’est qu’il n’a rien perdu de sa puissance. OK, on n’a plus MySpace pour partager nos coups de cœur, mais les morceaux de LCD Soundsystem continuent de vivre, que ce soit dans les playlists des clubs branchés ou dans les écouteurs de ceux qui courent après le train du métro en pensant à leurs choix de vie.
Le plus beau, c’est que Murphy a prouvé qu’on pouvait devenir une légende en démarrant tard, en restant honnête et en mettant un peu de sueur sur chaque ligne de basse. Alors, si tu n’as pas réécouté cet album depuis un bail, c’est le moment. Monte le son, balance Daft Punk Is Playing at My House, et danse comme si c’était encore 2005.
James Murphy, on te lève notre verre. Merci pour les souvenirs.