Il y a des chansons qui donnent envie de danser. D’autres qui donnent envie de boire une bière tiède dans un pub moche à Reading. Et puis y’a “Spain” de Home Counties, qui donne envie de faire les deux, en tong et chemisette à fleurs.
Le groupe anglais Home Counties a lâché un nouveau missile pop le 17 mai dernier : “Spain”, un titre qui sent bon la crème solaire périmée, les mojitos servis dans des seaux et les rêves low-cost de soleil éternel.
Mais attention, pas question ici de carte postale sincère : on est dans l’ironie à la sauce UK, la satire douce d’un pays qui s’offre l’Espagne comme exutoire à son grisaille game quotidien.
Un groove qui sue la crème solaire (et Hot Chip)
Musicalement, on est sur un mélange aussi improbable qu’efficace : un funk désinvolte, des synthés sucrés, une basse qui danse toute seule et ce parlé-chanté british qu’on croirait piqué à Baxter Dury ce bel homme en pleine rave organisée par les Talking Heads.
Cerise sur le mojito : le morceau est produit par Al Doyle, l’un des cerveaux de Hot Chip et LCD Soundsystem. Du coup, ça groove avec précision, ça scintille avec goût, et ça transpire la piste de danse moite à 3h du matin, quelque part entre Londres, Ibiza et une salle des fêtes rétro-futuriste.
Le morceau est construit comme une pub pour un séjour tout inclus, sauf que le spot est réalisé par quelqu’un qui déteste la plage et adore se moquer des Anglais en claquettes-chaussettes. Et tu sais quoi ? Ça fonctionne à merveille. T’as envie de prendre le premier vol EasyJet pour Malaga juste pour voir si la satire est fidèle à la réalité.
“Spain”, ou l’ironie comme moyen de transport
Ce n’est pas juste un tube pour danser dans ta cuisine (même si ça marche très bien). “Spain” est aussi une manière pour Home Counties de parler du tourisme, de l’évasion artificielle, de la classe moyenne qui rêve d’ailleurs, mais sans vraiment vouloir changer.
C’est pop, oui. Mais c’est de la pop qui pense, et qui pense en rigolant.



