King Gizzard & The Lizard Wizard sort Phantom Island : psychédélisme baroque et parenthèse enchantée

Je ne sais pas si tu t’en souviens, mais la dernière fois que King Gizzard & The Lizard Wizard a fait quelque chose de simple, c’était probablement un test de son en 2012. Depuis, ils ont tout essayé : l’album metal microtonal, le boogie krautrock écolo, le garage psyché sur cassette moisie, la jazz-fusion-surf orientale et les dix concepts par année fiscale, avec le merch qui va bien.

Et voilà qu’en 2025, les Australiens débarquent avec Phantom Island. Leur 26e album (ou 28e, ou 35e, j’ai perdu le compte entre les LP live moldave et les éditions flexi-disque en vinyle liquide). Un album à contre-courant de leur frénésie passée, qui semble avoir été écrit non pas dans une salle de répète bondée de câbles et de claviers Moog, mais sur une île invisible, au large de l’inspiration pure.

Une île flottante psychédélique, où les violons chantent à la place des guitares

Car Phantom Island n’est pas un album de rock. C’est un disque de chambre, un disque de rêve, un disque de cordes. Les guitares fuzz sont présentes mais moins que sur les précédents albums (sauf Flightb741). À la place, des arrangements luxuriants, des nappes de violon, des mélodies sinueuses qui évoquent les musiques de film 70s, les comptines baroques anglaises ou un concert sous LSD dans une serre tropicale. C’est à toi de voir.

Les onze morceaux de l’album ont été écrits par Stu Mackenzie pendant une période d’isolement volontaire, inspirés par le mythe des îles fantômes : ces terres vues sur d’anciennes cartes maritimes, puis disparues, comme si elles avaient choisi de se retirer du monde. Et c’est exactement ce que fait Phantom Island : il s’échappe de la frénésie du réel pour t’inviter dans un ailleurs, moite, doux, hanté.

Le groupe y joue en formation réduite, avec un ensemble de cordes invité, et s’essaie à la composition orchestrale sans jamais tomber dans le pompeux. Par moments, on croirait entendre une version psyché de Sufjan Stevens période Illinois, ou une jam entre Broadcast et Ennio Morricone. Il y a même des accents ambient, notamment sur les titres de fin.

Et comme d’hab, c’est un album-concept, mais feutré cette fois : pas de dragons ou de fin du monde, juste une méditation sur la disparition, les mirages, et l’étrange beauté de ce qu’on ne peut pas atteindre.

Tu voulais un été ? T’as eu une île.
Tu voulais une claque ? T’as eu une étreinte.
Tu voulais du King Gizz ? Tu l’as… mais dans sa version la plus imprévisible, donc la plus fidèle.

 

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