Amour et résilience, c’est ce que nous apprend Pip Millett dans Hard Life
Une grosse intro cuivrée avec du boom bap dedans, Pip millett met les petits plats dans les grands pour nous parler de ses traumas. La chanteuse anglaise commence à montrer qu’elle a un talent de fou. Bon d’accord, j’en ai jamais douté, mais la, chacun des morceaux qu’elle sort à le level ligue des champions. Ce mélange de soul et de gospel et de RnB est touchant et beau. Il parle d’un sujet qui nous touche tous, notre capacité à rebondir, à faire avec, en essayant d’avancer malgré les embuches. Et en ce moment, c’est pas les sujets qui manquent. On a donc vraiment besoin d’un morceau comme celui-ci. Il fait du bien.
C’est donc extrait de son prochain ep Motion Sickness qui sort en aout prochain et vu la qualité des morceaux, on va le poncer pendant un moment
Pip Millett, c’est le genre d’artiste qu’on découvre un peu par hasard et qu’on ne lâche plus. De son vrai nom Georgia Willacy, elle est née à Manchester en 1998, et a grandi bercée par des influences comme Lauryn Hill, Bob Marley et Joni Mitchell. Enfant, sa famille l’a surnommée « the silent twins » avec sa sœur tellement elles étaient discrètes toutes les deux — sauf que la discrétion, chez Pip, a toujours caché une confiance tranquille qui allait finir par exploser en studio.
Musicalement, elle grimpe les échelons à l’ancienne : guitare, chorale, puis la basse dès 14 ans sur des trucs bien plus bruyants que ce qu’elle fait aujourd’hui elle apprend à jouer des morceaux de The White Stripes et de Slipknot avant de passer aux six cordes. Après avoir un temps flirté avec l’idée d’une carrière dans la mode, elle bascule définitivement dans la musique une fois posée à Londres pour ses études. Le déclic vient d’une collaboration étudiante repérée par le producteur et DJ brixtonien Joe Hertz, qui l’invite sur « Goodbye Kisses » en 2017
Elle signe ensuite chez + FOURS et sort son premier single solo, « Make Me Cry », en mai 2018 — un titre né de sa toute première vraie session studio et qui va cartonner bien au-delà de ce qu’elle imaginait, notamment grâce à une session Colors qui explose sur YouTube. Suivent l’EP Do Well en 2019, produit par Josh Crocker (déjà croisé chez Mabel), puis Lost in June en 2020, avant qu’elle ne rejoigne le label Dream Life, adossé à Sony.
Le résultat : une voix de neo-soul confessionnelle, feutrée, jamais dans la démonstration, qui trafique la douleur ordinaire pour en faire quelque chose de doux et d’apaisant. Exactement le genre d’artiste qu’on garde sous le coude pour les dimanches gris.



