Vampire Weekend : 15 ans de Contra, ou comment un polo Ralph Lauren a redéfini l’indie

En janvier 2010, Vampire Weekend balançait Contra comme un cocktail molotov pastel dans le monde de l’indie (j’adore l’image).

Après un premier album qui sentait encore la bibliothèque universitaire et les soirées à boire du vin californien bon marché, Ezra Koenig et ses potes sont revenus plus audacieux, plus exotiques, et avec une pochette qui allait devenir un mème avant même que le mot soit dans le dictionnaire de tout le monde.

D’abord, parlons de cette fameuse pochette : une jeune femme, le regard flou, le polo immaculé, qui semble tout droit sortie d’une pub pour le country club de Malibu. Ce visage anonyme a pourtant fait couler beaucoup d’encre : qui était-elle ? Et surtout, comment Vampire Weekend avaient-ils osé utiliser cette image sans demander ? Spoiler : ils ne l’avaient pas fait. Une bataille judiciaire a suivi, et le groupe a fini par s’en sortir avec une histoire encore plus mythique à raconter. Rock’n’roll, mais en mocassins.

Musicalement, Contra est un feu d’artifice tropical où chaque morceau semble porté par une brise venue des Caraïbes. « Horchata » ouvre l’album comme un cocktail mélodique, bourré de percussions exotiques et de textes qui mentionnent des gants en cachemire. Qui d’autre aurait osé mélanger luxe, gastronomie mexicaine et nostalgie de l’hiver dans un hymne pop ? Puis arrive ma pépite, »Cousins », un sprint de guitares bondissantes avec un clip qui nous met sur les rails (j’adore l’humour)

Mais c’est « Diplomat’s Son » qui incarne le mieux l’esprit de Contra : un collage musical d’échantillons d’electro et de pop, de reggae dilué et d’un récit cryptique sur des relations compliquées. On y retrouve tout ce que Vampire Weekend fait de mieux : rendre l’élitisme abordable et les références obscures fascinantes.

À sa sortie, Contra a propulsé Vampire Weekend au rang de héros de la pop intellectuelle (je vais loin, la non ?). Certains, comme moi, ont adoré leur audace, d’autres les ont détestés pour leur prétendue posture « riche et cool ». Pourtant, en réécoutant cet album 15 ans plus tard, on réalise qu’il a anticipé l’explosion des sons hybrides et mondialisés. Ils faisaient partis des premiers et c’étaient et c’est toujours cool.

Alors, ce soir, sortez votre polo le plus éclatant, préparez une horchata bien fraîche, et réécoutez Contra. Vous verrez : il n’a pas pris une ride.

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