Vilain Tigre, c’est le pseudonyme d’Aurélie Muller, et elle a sorti au printemps dernier Bande originale du film imaginaire d’Aurélie Muller. J’avais pas pris le temps à sa sortie, mais comme c’est l’été, je m’y suis enfin plongé.
Une BO sans film, ou l’art de laisser le spectateur faire le montage
Comme son nom l’indique, le projet est la BO d’un film qui n’existe pas. Et le twist, c’est qu’Aurélie Muller était monteuse avant de devenir musicienne. Elle a même travaillé sur Rosetta des frères Dardenne. Autant dire qu’elle sait de quoi elle parle quand elle compose « pour » des images qu’elle seule voit. On peut donc imaginer ce qu’on veut sur cette histoire.
Enfin, ce qu’on veut, dans une certaine mesure. C’est clairement pas un blockbuster avec des super-héros : le rythme est lent comme un coucher de soleil dans les années 80. Ça pourrait ressembler à une histoire d’amour adolescente au bord de la plage. Il y a des cuivres, un peu de synth pop, le bruit de la mer. Mais ça pourrait tout aussi bien être une histoire d’amour entre des surfeurs et des extraterrestres, pour le côté psyché et spatial. La multi-instrumentiste et compositrice bruxelloise nous emmène dans son monde, et on y plonge avec plaisir, pour imaginer le film parfait, ou juste pour la musique. C’est relaxant, çà fait un bien fou
Petit bonus scénario : au dos de la pochette, le disque cite une liste de villes (Bruxelles, Paris, Omaha, Tokyo, Marseille, Eupen, Genève, Le Tréport) qui servent de jalons secrets à cette histoire qu’on ne verra jamais. De quoi nourrir encore un peu plus le fan-fiction mental.



