On ne va pas se mentir : après le départ de Tyondai Braxton en 2010, beaucoup d’entre nous voyaient déjà Battles s’échouer sur le rivage des groupes expérimentaux mort-nés. Perdre la voix et le claviériste d’un line-up aussi soudé, c’était presque un arrêt de mort. Pourtant, le trio new-yorkais (Stanier, Williams, Pratt) revient en cette année 2011 avec un second album, Gloss Drop, et un premier single qui met tout le monde d’accord : « Ice Cream ».
Pour pallier l’absence de frontman fixe, Battles a eu la brillante idée de faire appel à des invités. Sur ce titre, c’est le producteur et chanteur chilien Matias Aguayo qui s’y colle. Le résultat ? Une bombe de dance-rock mutante, addictive et ultra-rythmée.
Le morceau : Une rythmique en surchauffe
Oubliez les structures pop classiques. « Ice Cream » démarre sur un rythme de batterie d’une précision militaire signé John Stanier, rapidement rejoint par des motifs de guitare et de synthé qui s’entremêlent comme des engrenages d’horlogerie suisse.
La force du morceau tient dans la performance vocale de Matias Aguayo. Ses borborygmes, ses halètements et ses voix pitchées agissent comme un instrument à part entière. Ce n’est pas de la chanson, c’est de la texture. C’est répétitif, c’est hypnotique, et ça vous rentre dans la tête pour ne plus en sortir. Battles réussit le tour de force de faire de la musique ultra-technique qui donne immédiatement envie de danser.
Le clip : Sucreries, sueur et surréalisme
Réalisé par le collectif espagnol Canada (déjà remarqué pour leur travail visuel incroyable avec El Guincho), le clip de « Ice Cream » est un chef-d’œuvre esthétique qui colle parfaitement à l’urgence du morceau.
Oubliez les scénarios linéaires. Canada nous livre un enchaînement frénétique de plans ultra-stylisés, saturés en couleurs et chargés en tension sensorielle. On y croise :
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Des gros plans sur des bouches qui dévorent des glaces qui fondent à toute vitesse.
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Matias Aguayo qui danse en slip, transpirant sous des néons colorés.
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Des plans d’une sensualité brute, presque dérangeante, mêlant textures organiques et objets du quotidien.
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Le groupe, impassible, qui exécute sa partition avec une rigueur chirurgicale au milieu de ce chaos visuel.
Le montage est nerveux, calé au millième de seconde sur les patterns de batterie de Stanier. C’est pop, c’est moite, c’est légèrement provocateur, et ça redéfinit clairement les standards du clip vidéo en 2011.



