STRANGE TALK – « Eskimo Boy » (clip)

STRANGE TALK - "Eskimo Boy" (clip)

Titre : Strange Talk nous gèle le cerveau avec la pop chirurgicale d’« Eskimo Boy »

En cette année 2011, la blogosphère s’excite pour la moindre ritournelle synthétique venue d’Australie. On connaissait déjà l‘indie-pop solaire de Miami Horror ou de Cut Copy. Il va désormais falloir compter avec Strange Talk. Le quatuor de Melbourne vient de lâcher « Eskimo Boy », un single d’une efficacité redoutable qui risque bien de squatter les playlists tout au long de l’année.

Ici, pas de place pour l’approximation. Strange Talk livre une leçon de production propre, millimétrée et taillée pour les ondes indé.

Le morceau : Une machine à tubes ultra-calibrée

Dès l’intro, « Eskimo Boy » pose ses bases : une ligne de basse bondissante en arpège, des synthés rétro-futuristes et un beat binaire implacable. C’est de la synth-pop de haute voltige. La voix claire et aérienne survole une production clinquante, presque trop propre, mais sauvée de la banalité par un sens inné de la mélodie.

Le refrain est un modèle du genre. Il explose avec une dynamique imparable, portée par des cocottes de guitare funkysantes et des chœurs fédérateurs. On oscille en permanence entre la pop léchée de Phoenix et l’efficacité dance de Friendly Fires. C’est calibré pour l’efficacité immédiate, sans fioritures.

Le clip : Esthétique rétro et mélancolie glacée

Pour habiller visuellement ce tube en puissance, le groupe a misé sur un clip à l’esthétique soignée, flirtant avec les codes du cinéma indépendant. Loin de l’imagerie festive clichée, la vidéo met en scène des paysages enneigés, des visages fermés et une atmosphère de fuite en avant.

Les contrastes sont saisissants : la chaleur de la production pop se heurte à la froideur des décors hivernaux et des plans mélancoliques. C’est ce décalage qui donne à « Eskimo Boy » une épaisseur supplémentaire, évitant au groupe le piège de la « pop jetable ». Les coupes de cheveux impeccables et les vestes en jean vintage ancrent définitivement le projet dans la culture hipster de ce début de décennie.

Le verdict

Strange Talk ne réinvente pas la roue, mais applique la formule synth-pop avec une rigueur absolue. « Eskimo Boy » est un premier pavé brillant, d’une efficacité redoutable, qui prouve une fois de plus que Melbourne est l’un des épicentre de la pop mondiale en 2011. Un groupe à surveiller de très près.

Note : 8/10 – Un condensé de fraîcheur synthétique et d’efficacité mélodique qui s’impose sans forcer.

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