« Auto-Tune » est une combinaison de l’abréviation Auto (= automatique) et du mot Tune (de l’anglais « to tune » = accorder). Il a été élaboré par la société Antares Audio Technologies en 1997, mais créé auparavant à la fin 1996 par Andy Hildebrand, un ingénieur américain travaillant dans l’industrie pétrolière. A l’époque, on utilisait l’autocorrélation pour traiter les données sismiques et cartographier le sous-sol terrestre.
De la correction invisible à l’effet de style : de Cher à la scène Hip-Hop
En fait ça permet de lisser et en quelque sorte de sauver une prise. Dans le cadre d’une session d’enregistrement classique, par exemple, la performance soul de Cleo Sol qui vient de sortir un album. Le plug-in sert à optimiser une prise de vue ou de son par ailleurs excellente. Si l’artiste subit une légère déviation de justesse de quelques centièmes de ton sur une note précise, le logiciel redresse la fréquence pour atteindre la note parfaite, évitant ainsi de rejeter une performance magique. Petite précision, il est différent du vocoder qui , lui, utilise une voix pour faire parler un synthétiseur.
C’est Cher qui a lancé le concept avec le fameux « Believe » en 1998. Elle a mis la vitesse de correction au maximum retune speed à zéro et enlevé tout le « naturel » des transitions. Cette signature sonore a ensuite été systématisée et intellectualisée par le rappeur T-Pain, qui l’a utilisée pour moduler son flow et ses harmonies. Par capillarité esthétique, cette lignée technique s’est transmise aux figures majeures du rap français contemporain, de Booba à PNL, qui utilisent l’Auto Tune non plus comme un correcteur de défauts, mais comme un instrument de musique à part entière, vecteur d’une mélancolie numérique propre à la trap et au cloud rap.
Il n’y a pas de statistique précise, mais on peut considérer qu’une grande partie des artistes utilisent le procédé. Certains disent d’ailleurs que c’est quand tu entends l’autotune que c’est nul. D’un point de vue personnel, je n’aime pas quand on gomme les aspérités mais je comprends qu’on puisse l’utiliser en cloud rap ou dans le rock, comme l’a fait Julian Casablancas de The strokes.
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